Note (retour) — L'AGE DE BRONZE.
Paulin Paris translation
13. Et la noble Albion passera-t-elle sans recevoir d'un hardi Breton l'ordinaire phrase d'éloges? Ses arts,--ses armes,--et George,--et la gloire et les îles,--et l'heureuse Bretagne,--les sourires de la richesse et de la liberté,--les côtes blanchâtres et escarpées qui forcèrent l'invasion à se tenir au large,--le contentement des sujets à l'épreuve des taxes,--l'orgueilleux Wellington, avec son bec d'aigle si recourbé que son nez est le croc où il suspend le monde 238!--et Waterloo,--et le commerce,--et--(chut! ne lâchons pas encore une syllabe sur les impôts, ni sur la dette)--et cet homme qu'on ne pleure jamais (assez), Castlereagh, dont le canif fendit l'autre jour une plume d'oie 239--et les pilotes qui ont triomphé de tous les orages,--(mais, n'altérez pas un nom, même pour la rime.) 240» Voilà les lieux communs, jusqu'ici chantés si souvent, qu'à mon sens, nous n'avons plus désormais besoin de les chanter; on les trouve partout dans tant de volumes qu'il n'y a aucune nécessité que vous les trouviez ici. Toutefois, il nous reste encore l'espérance d'un régime, conforme à la raison, et, ce qui est plus étrange, à la rime 241; ton génie nous permet de l'espérer, ô Canning! toi qui, homme d'état par éducation, mais, né homme d'esprit, ne pus jamais, même dans cette stupide chambre, abaisser ton poétique enthousiasme à une prose froide et plate: notre dernier, notre meilleur, notre unique orateur, moi, je puis te louer,--ce que les torys ne font plus, ou du moins pas autant;--ils te haïssent, grand homme, parce que tu les soutiens encore moins que tu ne leur en imposes. La meute se rassemblera dès que le chasseur aura crié: holà! elle le suivra, bande docile, partout où il la conduira. Mais ne t'y méprends pas; leurs hurlemens ne sont pas des cris d'amour, leur aboiement après le gibier n'est pas un éloge. Encore moins fidèles que la troupe quadrupède, les bipèdes, au moindre soupçon d'odeur, reviendraient sur leurs pas. Les liens qui attachent ta selle ne s'ont pas encore tout-à-fait sûrs, et l'on ne peut pas se fier beaucoup aux jarrets du royal étalon. Le lourd et vieux cheval blanc est enclin à broncher, à ruer, à se laisser parfois, lui et son cavalier, dans la boue. Mais que vois-je? l'animal est saignant.