Note (retour) — L'AGE DE BRONZE.
Paulin Paris translation
12. Mais où est le monarque? a-t-il dîné? ou bien gémit-il encore sous la pesante dette de l'indigestion? Les pâtés 233 révolutionnaires se sont-ils soulevés, et les royales entrailles se sont-elles changées en prison? Le mécontentement a-t-il mis les troupes en fermentation; ou bien nulle fermentation n'a-t-elle suivi les perfides potages 234? Les cuisiniers carbonari n'auraient-ils pas assez prodigué la carbonnade 235 à chaque service? ou les docteurs impitoyables auraient-ils conseillé la diète? Ah! dans tes regards abattus je lis que la France entière n'a pas d'autres instrumens de trahison que ses cuisiniers, ô bon et classique L--! Est-il, peux-tu dire, désirable d'être le Désiré? Pourquoi abandonnas-tu le calme le verdoyant séjour d'Hartwell, la table d'Apicius et les odes d'Horace, pour régir un peuple qui ne veut pas être régi, et qui aime beaucoup mieux un fesseur qu'un professeur 236? Ah! les trônes ne cadraient ni à ton tempérament ni à ton goût, la table te voit bien mieux placé: doux épicurien, fait pour être un hôte aimable et un non moins bon convive, pour parler de littérature et connaître par cœur, à moitié l'art du poète, et à fond l'art du gourmand 237; toujours érudit, de tems en tems spirituel, et gracieux quand la digestion le permet;--mais non pas né pour gouverner une terre asservie ou libre, la goutte était déjà pour toi un suffisant martyre!