Note (retour) — HEURES DE LOISIR.
Paulin Paris translation
Parcours les annales des anciens jours, lis les faits éclatans de tes premiers aïeux. Un d'eux 19, tout courtisan qu'il était, fut un homme de rare mérite, et eut la gloire de donner le jour au drame anglais. Un autre 20 non moins renommé pour son esprit, n'est déplacé ni à la cour, ni dans les camps, ni dans le sénat; vaillant sur le champ de bataille, favori des neuf sœurs, destiné à briller dans toute haute sphère; distingué de la foule dorée, il fut l'orgueil des princes et l'honneur de la poésie. Tels furent tes pères; porte donc ainsi leur nom, héritier non-seulement de leurs titres, mais encore de leur gloire. L'heure approche; quelques jours encore, et ce petit théâtre de joies et de douleurs sera fermé pour moi. Chaque moment m'avertit de renoncer à ces ombrages, où l'espérance, la paix et l'amitié faisaient tout mon bien; l'espérance qui variait comme les couleurs de l'arc-en-ciel, et qui dorait les ailes rapides du tems; la paix, que n'éloigna jamais la sombre réflexion, en rêvant les orages des jours à venir; l'amitié, dont l'enfance connaît seule le sincère langage. Hélas! ils n'aiment point assez long-tems ceux qui aiment si bien. Adieu donc, séjour de mon jeune âge! Et n'adressons pas à ce théâtre chéri un long et pénible adieu, comme fait l'exilé à son rivage natal, dont il s'écarte lentement sur la surface de l'abîme azuré, et qu'il regarde d'un œil attristé, mais incapable de pleurer.