Note (retour) — DISCOURS
Paulin Paris translation
Les adversaires des catholiques peuvent être divisés en deux classes: ceux qui affirment que les catholiques ont déjà trop, et ceux qui allèguent que la classe inférieure, du moins, n'a rien de plus à demander. Les uns nous disent que les catholiques ne seront jamais contens; les autres, qu'ils sont déjà trop heureux. Le dernier paradoxe est suffisamment réfuté par la pétition présente comme par toutes les pétitions passées; on aurait pu tout aussi bien prétendre que les nègres ne désiraient pas être émancipés; mais c'est une comparaison malheureuse; car vous avez déjà délivré ceux-ci du régime de la servitude, sans pétition de leur part, et malgré plusieurs pétitions de leurs maîtres dans un but tout opposé. Pour moi, quand j'y réfléchis, je plains les paysans catholiques de n'avoir pas eu le bonheur de naître avec une peau noire. Mais, nous dit-on, les catholiques sont contens, ou, du moins, doivent l'être. Je m'en vais donc rappeler quelques-unes des circonstances qui contribuent si merveilleusement à leur excessif contentement. Ils ne jouissent pas du libre exercice de leur religion dans l'armée régulière; le soldat catholique ne peut manquer au service du ministre protestant; et à moins qu'il ne soit cantonné en Irlande ou en Espagne, où peut-il trouver, s'il en a le désir, l'occasion d'assister aux cérémonies de son culte? La permission d'avoir des chapelains catholiques fut accordée comme une faveur spéciale aux régimens de la milice irlandaise, et encore ne fut-elle accordée qu'après plusieurs années de réclamations, quoique un acte passé en 1793 l'eût établie comme un droit. Mais, en Irlande, les catholiques sont-ils convenablement protégés? leur église peut-elle acheter un morceau de terre pour y élever une chapelle? Non. Tous les édifices consacrés au culte sont bâtis en vertu de baux de concession, ou de tolérance, donnés par un laïque, baux aisément résiliables et fort souvent violés. À l'instant où un désir bizarre, un caprice fortuit, du bienveillant propriétaire rencontre quelque opposition, les portes sont fermées à la pieuse assemblée. C'est ce qui est arrivé sans cesse, mais jamais avec autant d'éclat que dans la ville de Newton-Barry, dans le comté de Wexford. Les catholiques, n'ayant point de chapelle régulière, louèrent, pour ressource temporaire, deux granges qui, réunies ensemble, servirent au culte public. À cette époque, demeurait, vis-à-vis de ce lieu, un officier qui paraît avoir été profondément imbu de ces préjugés, dont les pétitions protestantes; actuellement sur le bureau, prouvent l'heureuse destruction chez la portion la plus raisonnable de la nation; et, quand les catholiques vinrent, au jour accoutumé, s'assembler, en paix et bonne volonté avec les hommes, pour le culte de leur Dieu, qui est aussi le vôtre, ils trouvèrent la chapelle fermée, et furent avertis que s'ils ne se retiraient pas sur-le-champ (et cet avertissement leur était signifié par un officier des yeomen 287 et par un magistrat), le riot act 288 allait être lu, et l'assemblée dispersée à la pointe de la baïonnette! Une plainte contre cette violence fut adressée à un haut fonctionnaire, au secrétaire du Château, en 1806, et celui-ci répondit (au lieu d'ordonner une réparation), qu'il ferait écrire une lettre au colonel, afin de prévenir, s'il était possible, le retour de semblables scènes de désordre. Ce fait ne demande pas le développement d'un grand appareil oratoire; mais il tend à prouver que, tandis que l'église catholique n'a pas la faculté d'acheter des terrains pour élever ses chapelles, elle ne trouve dans les lois aucune protection. En même tems, les catholiques sont à la merci du plus mince officier, qui peut impunément faire ses bons tours à la face du ciel, insulter son Dieu et outrager ses semblables.