Note 112 — Chant Quatrième.
Paulin Paris translation
Byron revient souvent, dans cet ouvrage, sur le même sujet, et il est bien vrai que toute l'aimable et spirituelle originalité de Don Juan ne sera jamais préférée, par les lecteurs d'un esprit élevé et d'une imagination pure, à la gravité du Childe Harold, du Giaour et de la fiancée d'Abydos. Dans Juan, l'esprit de Byron devient plus vif, à mesure que l'imagination (la plus admirable qui fût jamais) devient moins sublime. On peut remarquer que Voltaire finit de même par la Pucelle, et le chantre passionné d'Éléonore par la Guerre des Dieux. C'est que ces beaux esprits, peu confians dans l'existence d'une ame immatérielle, perdirent de leur essence primitive et de leurs inspirations involontaires, en s'habituant de plus en plus à la vue des objets matériels. Au contraire, les hommes qui sentirent en eux la distinction des deux substances, tels que Platon, Sénèque, Rousseau, Racine, Kant et Socrate, virent leur imagination grandir et s'exalter à mesure que la vieillesse les détacha davantage de toutes les hypothèses des sens et de la raison.