Note 84 — LE LIBRE-ÉCHANGE[1] ASSOCIATION POUR LA LIBERTÉ DES ÉCHANGES. (continued 7)
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—Justement. Je dis que si l'on remonte au point précis qui divise ces deux écoles, on le trouve dans l'application vraie ou fausse du mot utilité. Ainsi que vous venez de le dire vous-même, chaque produit a deux espèces d'utilité: l'une est relative au consommateur, et consiste à satisfaire des besoins; l'autre a trait au producteur, et consiste à être l'occasion d'un travail. On peut donc appeler la première de ces utilités fondamentale, et la seconde occasionnelle. L'une est la boussole de la vraie science, l'autre la boussole de la fausse science. Si l'on a le malheur, comme cela est trop commun, de monter à cheval sur le second principe, c'est-à-dire de ne considérer les produits que dans leurs rapports avec les producteurs, on voyage avec une boussole retournée, on s'égare de plus en plus; on s'enfonce dans la région des priviléges, des monopoles, de l'antagonisme, des jalousies nationales, de la dissipation, de la réglementation, de la politique de restriction et d'envahissement; en un mot, on entre dans une série de conséquences subversives de l'humanité, prenant constamment le mal pour le bien, et cherchant dans des maux nouveaux le remède aux maux qu'on a fait surgir de la législation. Si, au contraire, on prend pour flambeau et pour boussole, au point de départ, l'intérêt du consommateur, ou plutôt de la consommation générale, on s'avance vers la liberté, l'égalité, la fraternité, la paix universelle, le bien-être, l'épargne, l'ordre et tous les principes progressifs du genre humain[84].